Notre père AuschwitzPoème publié(e) par SerutarPoeme > Poème > Notre père Auschwitz |
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| 30 Avr 2008 à 17:08 | Notre père Auschwitz |
![]() Serutar Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 10 Commentaires: 284 Votes reçus: 16 Votes distribués: 0 Inscription: 2008-04-21 Bloquer |
Silence sadique, Silence sur les rails noirs. Une sale odeur, vilaine odeur Ne se repent pas. « Arbeit macht frei » Devise abjecte du grand carnage Comme un reproche qui se répète Le peuple ne travaille pas assez ? Notre père Auschwitz Qui êtes à l’homme Le milieu de sa nuit, Que votre volonté soit faite Puisque sur terre comme au ciel Rien n’inquiète la barbarie. Tu nous donnes encore aujourd’hui Les fragments de tes soupes grasses Et condamne toujours tes détracteurs Sous tes parades, tes uniformes blancs, tes litanies. Ton pardon pathétique est une offense A ceux que tu as offensé. Ne nous soumet plus à ta fabrication Et délivre les enfants des tes prisons morales, De la béatitude sournoise Où tu te réfugies. |
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| 30 Avr 2008 à 17:10 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Serutar Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 10 Commentaires: 284 Votes reçus: 16 Votes distribués: 0 Inscription: 2008-04-21 Bloquer |
A travers ce petit écrit, j’ai essayé surtout d’évoquer l’indifférence coupable des pouvoirs religieux. Ce à quoi peut conduire les enrégimentations morales. Hitler avait fait graver sur la boucle de ceinturon de ses SS : « Gott mit uns » ( dieu avec nous ). Indifférence coupable de l’église Catholique, voire davantage : le Vatican qui à la libération s’empresse d’évacuer les tortionnaires nazis en Amérique du Sud ; le Vatican antisémite qui avant la guerre met à l’index les ouvrages de Sartre et pas « Mein kempf ». Pourquoi, si une déité quelconque existe, laisserait –t-elle accomplir cette barbarie sans nom sous ses yeux ? M. Tristanic m’a fait l’honneur de livrer ici un témoignage personnel, précieux et émouvant. Je lui exprime à nouveau ma gratitude pour cette confiance accordée sans me connaître, et retranscrit l’intégralité des com ci-dessous. J’espère ne pas avoir réveillé chez lui trop de douleurs enfouies. Cependant je me permet l’observation suivante : l’illustration plus ou moins sordide de la géhenne permet –t-elle vraiment le travail de mémoire ? Je crois qu’il faut essayer surtout de créer à partir de la Shoah, pour amplifier sa mesure et l’étendue de ses traumas ce qui pourrait ainsi consolider les seuils d’horreur qu’un être humain digne de ce nom, ne peut jamais franchir… |
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| 30 Avr 2008 à 17:11 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Serutar Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 10 Commentaires: 284 Votes reçus: 16 Votes distribués: 0 Inscription: 2008-04-21 Bloquer |
Citation du message publié par Serutar
Silence sadique, Silence sur les rails noirs. Une sale odeur, vilaine odeur Ne se repent pas. « Arbeit macht frei » Devise abjecte du grand carnage Comme un reproche qui se répète Le peuple ne travaille pas assez ? Notre père Auschwitz Qui êtes à l’homme Le milieu de sa nuit, Que votre volonté soit faite Puisque sur terre comme au ciel Rien n’inquiète la barbarie. Tu nous donnes encore aujourd’hui Les fragments de tes soupes grasses Et condamne toujours tes détracteurs Sous tes parades, tes uniformes blancs, tes litanies. Ton pardon pathétique est une offense A ceux que tu as offensé. Ne nous soumet plus à ta fabrication Et délivre les enfants des tes prisons morales, De la béatitude sournoise Où tu te réfugies. Ratures |
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| 30 Avr 2008 à 17:11 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Serutar Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 10 Commentaires: 284 Votes reçus: 16 Votes distribués: 0 Inscription: 2008-04-21 Bloquer |
Citation du message publié par Serutar
A travers ce petit écrit, j’ai essayé surtout d’évoquer l’indifférence coupable des pouvoirs religieux. Ce à quoi peut conduire les enrégimentations morales. Hitler avait fait graver sur la boucle de ceinturon de ses SS : « Gott mit uns » ( dieu avec nous ). Indifférence coupable de l’église Catholique, voire davantage : le Vatican qui à la libération s’empresse d’évacuer les tortionnaires nazis en Amérique du Sud ; le Vatican antisémite qui avant la guerre met à l’index les ouvrages de Sartre et pas « Mein kempf ». Pourquoi, si une déité quelconque existe, laisserait –t-elle accomplir cette barbarie sans nom sous ses yeux ? M. Tristanic m’a fait l’honneur de livrer ici un témoignage personnel, précieux et émouvant. Je lui exprime à nouveau ma gratitude pour cette confiance accordée sans me connaître, et retranscrit l’intégralité des com ci-dessous. J’espère ne pas avoir réveillé chez lui trop de douleurs enfouies. Cependant je me permet l’observation suivante : l’illustration plus ou moins sordide de la géhenne permet –t-elle vraiment le travail de mémoire ? Je crois qu’il faut essayer surtout de créer à partir de la Shoah, pour amplifier sa mesure et l’étendue de ses traumas ce qui pourrait ainsi consolider les seuils d’horreur qu’un être humain digne de ce nom, ne peut jamais franchir… |
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| 30 Avr 2008 à 17:15 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Serutar Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 10 Commentaires: 284 Votes reçus: 16 Votes distribués: 0 Inscription: 2008-04-21 Bloquer |
Ami, je t’entends tout au fond de l’horreur tu m’entraînes Ami, je t’entends où mon nom s’est écrit : Sachsenhausen Des horreurs des camps, je ne peux oublier tous les drames Pourtant aujourd’hui meurent encore des enfants et des femmes.. Tristanic « c’est pourquoi je m’intéressais aus Justes. Sous l’Occupation, eux n’avaient pas eu de problème pour faire le bon choix. Et l’on ne pouvait pas raisonnablement soutenir que c’était uniquement par chance. Je n’aimais pas ce genre d’explication simpliste et lénifiante qui consistaient à dire que choisir un camp ou un autre, c’était simplement le fait du hasard, un peu comme si l’on jouait à la roulette russe et que, dans le barillet du pistolet, les idées aient pris la place des balles. Moi, je voulais comprendre, j’étais curieux de tout et j’avais mauvais esprit. Oui, je voulais comprendre pourquoi et comment mon Père avait passé les années les plus riches de promesses de sa vie dans les camps de prisonniers en Allemagne. Et pourquoi cela avait duré si longtemps. Un jour, il m’avait confié que, s’il avait su que cela durerait si longtemps, il se serait suicidé » A paraître : Les Justes - Christian Billon Je ne voudrais pas trop ternir le tableau, mais ce sujet me hante depuis longtemps, et surtout depuis 3 ans, que j'ai voulu savoir. Je voulais savoir pourquoi mon Père en était sorti vivant, alors qu'un sur deux y restait, 4.000 Français, 100.000 hommes femmes, enfants... Je n'arrive pas à aller au bout des 600 pages de témoignages du livre "SACHSO". Mon Père en est mort il y a 15 mois, 61 ans après sa libération, de ne pas être reconnu par sa Patrie, par les Justes... Les preuves sont arrivées 2 mois trop tard, mais ma demande de reconnaissance n'est toujours pas répondue 1 an après! Ce livre de Christian sera publié en sa mémoire, mais moi je n'ai toujours pas pu écrire le Poème qu'il mérite, çà me sort par les yeux, mais jamais par la main... J'aurais du fermer les yeux, comme beaucoup, avant, pendant, et après, mais si les enfants ne portent pas le drapeau, qui le fera ? Et qui arrêtera cette folie humaine, qui continue ailleurs, télévisée en direct dans le monde entier ? Ami, je t'entends Ami, je te comprends... merci Ratures, afortaich, Octo66 et vous tous ..... permettez que je vous mettes à côté de lui, dans le peu qui reste de traces... 4 avril 1944... Prison Waterloo Platz - Hanovre 22 avril 1944.. Prison Alexander Platz - Berlin 26 avril 1944.. Sachsenhausen-Orienenburg - Camp de concentration et d'extermination expérimental... PLUS JAMAIS CA Amitiés sincères à vous hommes de coeur ! - Convois de France - page 81 "Qui peut assurer qu'il n'a pas peur ? Seuls les inconscients peuvent l'affirmer. Cela vous prend aux entrailles ; une boule s'est placée dans votre gorge ; vous êtes là, suspendu au temps qui passe. Même ce silence est terrible... Dans le fond du wagon est posé un bidon de cinquante litres auquel il manque le couvercle ; nous en devinons l'usage et cela nous fait frissonner. Ce n'est pas à cause du bidon lui-même, mais parce qu'il signifie que le voyage sera long, et ceux qui voudront se soulager devront de sonner en spectacle..." »En fait, il faudra voyager ainsi quatre jours et trois nuits..... » .... "Quand le train roule, nous arrivons encore à respirer. Nous nous reprenons un peu à espérer. Mais les arrêts sont longs et fréquents. Pendant quatre ou cinq heures de suite, nos wagons chauffent au soleil dans les gares. L'air devient de plus en plus rare. Nos corps sont des étuves : nous rejetons en transpiration toute l'eau que nous avons absorbée avant de partir. Nous sommes nus. Nos jambes commencent à enfler. A la fin de la première journée, les tinettes sont pleines et répandent une odeur pestilentielle. Manger ? Il ne faut pas y songer, parce que la soif empêche d'absorber toute nourriture et que le pain a été piétiné dans le wagon" ..... « Mais nous n’avons encore rien vu... » ..... « C’est alors le point culminant de la détresse. Nous sommes comme des poissons que l’on sort de l’eau et qui ouvrent une gueule béante pour happer je ne sais quel élément imaginaire. Les respirations deviennent rageusement dosées et saccadées. Ceux qui sont à terre ont cessé de vivre, répandant une odeur forte d’excréments. D’autres commencent à raconter des histoires extraordinaires : ils deviennent fous. Je vois encore un homme d’une quarantaine d’années qui devait à une petite barbe en pointe le surnom d’Henri IV... je vois encore Henri IV buvant à pleines gorgées l’urine d’un camarade et s’arrêtant pour dire dans un sourire : « Je bois le thé du Bédouin » Cher Rature, Merci de ton Hospitalité, pour tout.... Nous nous arrêterons là, au bout du rail...devant les grilles arborant "ARBEIT MACHT FREI" en lettres majuscules.. parce que ce qu'il y a derrière est inhumain, insoutenable, inimaginable, même 65 ans après... - matin du 30 avril 1943 - "Quand l'aube enfin apparaît,le convoi s'arrête sur une voie de garage, en dehors d'une gare. Ceux qui regardent à travers les barbelés des lucarnes nous signalent que d'imposantes forces de S.S. en armes prennent place en encerclant le train et que nombreux sont ceux qui tiennent un chien en laisse : de terribles bêtes. Il faut attendre un bon moment avant l'ouverure des portes coulissantes. Puis, tout à coup, c'est la descente aux enfers. Quand nous descendons de notre wagon, en caleçon, pitoyables et grotesques, les S.S., tels des fauves, se ruent sur nous, la matraque à la main et frappent à tour de bras. Parmi nous, c'est la panique. Ankylmosés et meurtris par deux jours et deux nuits d'un voyage épouvantable, nous évitons les coups avec beaucoup de peine.../... Je revois toujours un vieux camarade, marchant avec deux cannes, essayer de nous rejoindre en contournant la clôture qu'il ne peut franchir en voltige. Deux S.S. d'une vingtaine d'années, sans pitié pour son âge et ses douleurs, le forcent à faire le chemin à quatre pattes. Après quelques mètres, il s'écroule sans vie. .../..."Los ! Los ! Aufgehen !".../... La course reprend. Une femme paraît sur le pas d'une porte. On sent le mépris dans son regard. Contre elle, un enfant de cinq ans à peine se blottit, apeuré. Il a sur la tête un calot marqué S.S. avec deux tibias sommés de la tête de mort." Sachso - Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen - Edition Pocket - Terre Humaine Poche Tristanic |
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Poeme publié 30 Avr 2008 à 17:15 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 30 Avr 2008 à 17:16 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() crystall Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 120 Commentaires: 3684 Votes reçus: 436 Votes distribués: 1047 Inscription: 2008-01-03 Bloquer |
Ces texte sont criant, poignant il y en a tant à dire et pourtant?dejà lu sous Rature.... +V Chris |
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Poeme publié 30 Avr 2008 à 17:16 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 30 Avr 2008 à 17:23 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() scorpion Message privé Poétesse créative Poèmes publiés: 255 Commentaires: 1672 Votes reçus: 236 Votes distribués: 212 Inscription: 2007-09-04 Bloquer |
En hommage pour mon grand père Emmanuel Marchenoir Quand Emmanuel Marchenoir fut arrêté le 01 juillet 1943 par la Gestapo pour son appartenance à la résistance, il pesait 74 kilos. Quand Raymond Baillet fut libéré le 15 avril 1945, son ami Emmanuel pesait alors 41 kilos. Entre les deux, il était passé par Dora. « Les cent premiers déportés débarquèrent à Dora le 23 août 1943, lendemain de la réunion entre Hitler, Himmler et Speer. A partir de cette date, sans arrêt, les convois venus de Buchenwald déversèrent leur cargaison humaine, avant que d'autres camps - en fonction des replis des troupes allemandes - n'y ajoutent les leurs. Il n'y avait pas d'installation dans le premier tunnel déjà creusé, sinon, alentour, quelques tentes et une guérite de bois pour la garde SS. Les galériens des fusées travaillaient sans cesse au péril de leur vie (sans compter le sadisme des SS et des Kapos). Ce tunnel, au début, ils le perçaient, l'agrandissaient, l'aménageaient, presque sans outils, avec leurs mains. Les transports de pierre et de machines étaient faits dans des conditions épouvantables. Le poids des machines était tel que ces hommes, à bout de force, d'énergie, ces squelettes ambulants, mouraient souvent écrasés sous leurs charges. La poussière ammoniacale brûlait les poumons. La nourriture ne suffisait pas à permettre la vie organique la plus végétative. Les déportés trimaient dix-huit heures par jour (douze heures de travail, six heures de formalités et de contrôles). Ils dormaient dans le tunnel. On creusa des alvéoles : 1 024 prisonniers étaient affalés dans ces alvéoles à étages sur quatre hauteurs et sur une longueur de cent vingt mètres. » « Les déportés ne voyaient le jour qu'une fois par semaine à l'occasion de l'appel du dimanche. Les alvéoles étaient continuellement occupés, l'équipe de jour chassant l'équipe de nuit et vice versa. Des ampoules électriques, très faibles, éclairaient des images de cauchemar. Il n'y avait pas d'eau potable. On se jetait où l'on pouvait trouver de l'eau, et où, par exemple, goutte à goutte, se rassemblaient les condensations. On lapait liquide et boue dès qu'un SS tournait le dos, car il était interdit de boire l'eau non potable. » « Dans le tunnel, froid et humidité étaient intenses. L'eau qui suintait des parois provoquait une moiteur écœurante et permanente. Transis, nous avions l'impression que nos corps décharnés moisissaient vivants. Des prisonniers devinrent fous, d'autres eurent les nerfs saccagés quand l'installation progressa : le vacarme inouï qui régnait fut une des causes de ces dérèglements - bruit des machines, bruit des marteaux piqueurs, de la cloche de la locomotive, explosions continuelles, le tout résonnant et répercuté en des échos sans fin par le monde clos du tunnel. Pas de chauffage, pas de ventilation, pas le moindre bac pour se laver : la mort pesait sur nous par le froid, des sensations d'asphyxie, une pourriture qui nous imprégnait. Quant aux chiottes, ils étaient faits de fûts coupés par le haut sur lesquels une planche était installée. Ils étaient placés à chaque sortie des rangées d'alvéoles où nous couchions. Souvent, quand des SS apercevaient un déporté assis sur la planche, ils le fixaient, ricanaient, s'approchaient et, brusquement, le précipitaient dans le fût. Alors, c'était des déchaînements de joie. La farce était trop drôle. Irrésistible ! Jamais ces messieurs n'avaient tant ri. D'autant que tous les déportés souffraient de dysenterie... Alors, recouvert de merde, partout, du crâne aux pieds, sans mot dire, le pauvre type partait, plus désespéré que jamais ; il partait rejoindre son alvéole, sa file de bagnards ; il allait empester ses copains, se vautrer dans la poussière pour se nettoyer, car il n'avait aucun moyen de se laver. La nation la plus propre du monde, cette Allemagne exemplaire pour les soins corporels, l'hygiène, n'avait rien prévu pour ses régiments d'esclaves. Pourtant, dit-on encore, le bétail est soigné, là-bas, dans des fermes qui sont considérées modèles, exemplaires, pour les culs-terreux du monde entier !... Mais il est vrai qu'un déporté était moins qu'une vache, un cochon, une poule, le ver que mange cette poule... » « C'est à Dora que les déportés commencèrent à comprendre le silence des anciens de Buchenwald, les regards de compassion adressés à ceux qui partaient. Ils savaient, les anciens, qu'on ne revenait que mort de Dora. Et l'on revenait mort pour être engouffré dans un four crématoire. Car au début il n'y avait pas de Crematorium à Dora. Par camions, on transportait les cadavres - certains n'étaient pas encore complètement des cadavres - à Buchenwald. Il y avait des Commandos pour cette tâche durant laquelle on empilait, entassait des choses qui avaient été des hommes, sous les ordres de SS qui manipulaient le « Gummi » (câble électrique recouvert de caoutchouc), afin que le travail soit vite fait. (Dans n'importe quel domaine, le travail doit être vite fait. C'est une règle dans les pays qui ont décidé d'employer une main-d'œuvre d'esclaves. Que les déportés meurent de mauvais traitements et d'épuisement dans les premiers mois de leur détention : nulle importance. D'autres sont là pour les remplacer.) » « Les déportés de notre convoi comprenaient maintenant ce que l'officier SS avait voulu dire quand il nous avait déclaré, un matin, sur la place d'appel : « Personne ne s'évade d'ici, sauf ceux qui partent par la cheminée...» « Les SS frappaient les détenus. Il fallait tout sacrifier au rendement. Le sort du IIIe Reich en dépendait. Une arme secrète, d'une efficacité sans précédent dans l'histoire de l'humanité, allait permettre de pulvériser l'ennemi, d'abolir sa résistance et de faire renaître le temps des victoires éclairs. Des victoires définitives... Ils obéissaient, les SS. Ils faisaient du zèle, se surpassaient dans la barbarie, dans l'art de persécuter. Le nombre de victimes ? Quelle importance ! Il fallait voir comment, le matin, la cohorte de ceux que nous appelions bêtement « les musulmans » se présentait, à la sortie du tunnel, pour demander à passer une visite médicale. Dans une odeur épouvantable, une putréfaction qui indiquait le processus de désagrégation, ces spectres espéraient un secours qui ne viendrait pas. Ils crevaient là, de misère physiologique, n'ayant même plus la force d'implorer miséricorde, tandis que les camions du four crématoire de Buchenwald s'apprêtaient à venir les charger. Les cadavres s'empilaient sans relâche, les nombreux arrivants remplaçant ceux qui mouraient avant d'y laisser leur vie à leur tour. » « Ce n'est qu'en mars 1944 que les baraquements furent terminés. A Dora, le travail était toujours au-delà du concevable, mais les réprouvés pouvaient au moins déserter le tunnel durant les six heures de repos qui leur étaient accordées. Par contre, à l'autre bout du tunnel, à Ulrich, où les travaux étaient moins avancés parce que commencés plus tard, les déportés se trouvaient dans les mêmes conditions que leurs camarades des premiers mois à Dora. » « Vinrent, en janvier 1945, de nouveaux officiers et soldats SS qui avaient été évacués du camp d'Auschwitz. Les assassins n'interrompirent pas leurs besognes. Des juifs survivants arrivèrent aussi d'Auschwitz, mais dès septembre 1944. Après quelques jours de travail au tunnel, l'un d'entre eux me dit cette phrase que j'entends encore distinctement à mes oreilles: « Comparé à Dora, Auschwitz, c'était un chouette camp ! ». [Mon camarade se référait - évidemment - aux conditions de travail. Il n'oubliait pas qu'Auschwitz était, lui, un camp d'extermination où périrent des millions de juifs.] » « C'est que les conditions de vie étaient redevenues ce qu'elles étaient au début. Devant l'avance des troupes russes, la montée vers l'Allemagne des Alliés, le quartier général du Führer voulait hâter encore plus travaux et recherches afin que l'arme absolue change au tout dernier moment le sort de la guerre ! » « Deux tunnels longs de 1.800 mètres, larges de 12,50 mètres, hauts de 8,50 mètres ; quarante-six tunnels parallèles longs de 190 mètres, dont certains étaient creusés plus profond afin d'installer la fabrication des V2, mais qui, dans l' ensemble, avaient 30 mètres de hauteur et étaient employés à tester et assembler les immenses V2 pesant plus de 13 tonnes et longs de 14 mètres ; installation de voies ferrées qui relieraient les deux tunnels tandis que les chemins de fer rejoignaient, à l' extérieur , les voies ferrées des communications normales ; stockages des bombes volantes VI et des rockets V2 dans la plupart des tunnels parallèles, à l'exception de la section Nord utilisée par la société Junker pour la fabrication des moteurs d'avion ; construction à partir d'août 1944 de trois autres tunnels au nord-est et à l'ouest de Lohenstein et dans le Himmeisberg, près de Woffleben, parce que les Allemands exigeaient encore plus d'espace pour fabriquer de l'oxygène liquide, de l'essence synthétique, un nouveau rocket inconnu baptisé « Typhon » et désigné sous le nom de A3 et A9 (chacun de ces tunnels avait cinq voies parallèles ; huit ou dix tunnels transversaux complétaient la construction) ; et que sais-je encore, moi, petite taupe enfouie dans les entrailles de la terre : voilà ce que des hommes, affamés, martyrisés, dans un état de misère physique et morale incommensurable, bâtirent entre le 23 août 1943 et le 11 avril 1945, jour béni où les troupes américaines les libérèrent Entre-temps ils réussirent à saboter des engins de mort nazis, à faire que des V1 et des V2 restent au sol ou explosent en vol, bien avant d'atteindre leur cible… » « Il y eut soixante mille déportés à Dora. Trente mille n'en revinrent pas. » Merci à toi de penser à eux |
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Poeme publié 30 Avr 2008 à 17:23 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 20 Mai 2008 à 19:26 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() cidroline Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 303 Commentaires: 3638 Votes reçus: 504 Votes distribués: 243 Inscription: 2007-09-19 Bloquer |
Et cela mérite de remonter à la surface...Pour la force du poème de Serutar, pour la force des récits de Tristanic et de Scorpion. |
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Poeme publié 20 Mai 2008 à 19:26 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 20 Mai 2008 à 19:39 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() afortaich Message privé Poète actif Poèmes publiés: 78 Commentaires: 617 Votes reçus: 51 Votes distribués: 18 Inscription: 2008-03-23 Bloquer |
Bravo! |
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Poeme publié 20 Mai 2008 à 19:39 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 22 Mai 2008 à 00:09 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Tristanic Message privé Poète actif Poèmes publiés: 107 Commentaires: 1761 Votes reçus: 323 Votes distribués: 189 Inscription: 2008-01-26 Bloquer |
Bon Anniversaire Ratures, Avec mon Amitié et mon profond Respect Tristanic |
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Poeme publié 22 Mai 2008 à 00:09 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 22 Mai 2008 à 11:40 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Alaplume Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 73 Commentaires: 2431 Votes reçus: 217 Votes distribués: 127 Inscription: 2008-04-04 Bloquer |
je passe par là, et oh! tu as raison d'évoquer tout ça ici, le devoir de mémoire? quel est-il? se souvenir juste pour se souvenir? c'est ce qu'ils veulent apparemment; les hommes osnt si humains qu'ils ne reconnaissent pas leurs torts, donc ils finissent toujours par récidiver. J'ose au moins espérer que les nouvelles générations ne se laisseront pas endoctriner par quelque orateur mélodieux à leurs oreilles. événement extrêmement sombre de notre histoire, un passé très lourd à porter, mais que nous avons le devoir de porter pour ne pas oublier. amitiés |
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Poeme publié 22 Mai 2008 à 11:40 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 22 Mai 2008 à 12:02 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() bossouri Message privé Poète actif Poèmes publiés: 12 Commentaires: 68 Votes reçus: 12 Votes distribués: 3 Inscription: 2008-05-13 Bloquer |
que dire? on sait ce qui ne doit plus être jamais fait... on se sent petit d'être humain dans ces moments là, c'est l'incompréhension qui domine, et une immense tristesse |
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Poeme publié 22 Mai 2008 à 12:02 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 22 Mai 2008 à 16:12 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Serutar Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 10 Commentaires: 284 Votes reçus: 16 Votes distribués: 0 Inscription: 2008-04-21 Bloquer |
Citation du message publié par bossouri
que dire? on sait ce qui ne doit plus être jamais fait... on se sent petit d'être humain dans ces moments là, c'est l'incompréhension qui domine, et une immense tristesse Aucun mots pour l'indicible mais toutes les lumières pour la mémoire. |
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Poeme publié 22 Mai 2008 à 16:12 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Mai 2008 à 00:05 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() bakara Message privé Poète actif Poèmes publiés: 123 Commentaires: 4321 Votes reçus: 389 Votes distribués: 127 Inscription: 2007-10-03 Bloquer |
Suis déjà venu, je n'aurai plus à le chercher... Pour le poème et ce qui s'ensuit. |
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Poeme publié 23 Mai 2008 à 00:05 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Mai 2008 à 00:22 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Ricocho Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 22 Commentaires: 707 Votes reçus: 128 Votes distribués: 26 Inscription: 2008-05-07 Bloquer |
Faut pas le laisser couler celui là... |
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Poeme publié 23 Mai 2008 à 00:22 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Mai 2008 à 00:26 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() bakara Message privé Poète actif Poèmes publiés: 123 Commentaires: 4321 Votes reçus: 389 Votes distribués: 127 Inscription: 2007-10-03 Bloquer |
Ben non Ricoche, puisqu'il y a tout de même une nouvelle rubrique de potable... |
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Poeme publié 23 Mai 2008 à 00:26 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Mai 2008 à 01:34 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Ricocho Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 22 Commentaires: 707 Votes reçus: 128 Votes distribués: 26 Inscription: 2008-05-07 Bloquer |
............. |
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Poeme publié 23 Mai 2008 à 01:34 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 23 Mai 2008 à 01:54 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() franco-polonais Message privé Poète actif Poèmes publiés: 84 Commentaires: 15763 Votes reçus: 2117 Votes distribués: 1509 Inscription: 2007-12-10 Bloquer |
--------Oui mon Ricoche la rubrique poème favori,pas besoin de le rechercher,il est toujours avec toi. Merci ami Ratures,j'ai lu et relu une dizaine de fois depuis l'enfance les 149 marches sur le camp de Mathausen,ça ne s'oublie pas. Merci.franco-pol |
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Poeme publié 23 Mai 2008 à 01:54 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 24 Mai 2008 à 19:17 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() vendeurdeballons Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 8 Commentaires: 207 Votes reçus: 13 Votes distribués: 0 Inscription: 2008-05-24 Bloquer |
ET Eichmann qui était protestant s'est converti au christianisme pour remercier le Vatican de l'avoir aidé. Magnifique plaidoyer contre l'intolérance. Un philosophe à la télévision disait hier soir: "On peut avoir de la culture et être une ordure." |
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| 24 Mai 2008 à 21:03 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() vendeurdeballons Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 8 Commentaires: 207 Votes reçus: 13 Votes distribués: 0 Inscription: 2008-05-24 Bloquer |
Une erreur!non!non!une horreur! Des horreurs!des horreurs! c'est abo minable!de parler d'erreurs! Pourquoi pas comme(je ne peux pas dire son nom tellement il m'écoeure)de dire que c'est un détail de l'histoire,passager-du-temps. |
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| 24 Mai 2008 à 21:40 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Serutar Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 10 Commentaires: 284 Votes reçus: 16 Votes distribués: 0 Inscription: 2008-04-21 Bloquer |
Citation du message publié par vendeurdeballons
Une erreur!non!non!une horreur! Des horreurs!des horreurs! c'est abo minable!de parler d'erreurs! Pourquoi pas comme(je ne peux pas dire son nom tellement il m'écoeure)de dire que c'est un détail de l'histoire,passager-du-temps. Effectivement utiliser le mot "erreur" pour cette géhenne peut paraître assez douteux. Mais n'engageons pas une polémique sur ces faits innomables. Le sujet est trop grave. Essayons de mesurer ce que les hommes peuvent faire à d'autres hommes. Décortiquer les mécanismes de l'intolérance qui conduit au crime, ici au crime... industriel, pour maintenir l'équilibre moral du plus grand nombre. |
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| 25 Mai 2008 à 14:27 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Serutar Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 10 Commentaires: 284 Votes reçus: 16 Votes distribués: 0 Inscription: 2008-04-21 Bloquer |
Citation du message publié par Katarina
Voici un texte qui mérite d'être en haut de l'affiche les yeux fermés bien à toi poète . ... Vous croyez ? |
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| 25 Mai 2008 à 16:47 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() baguette Message privé Poétesse active Poèmes publiés: 49 Commentaires: 1816 Votes reçus: 296 Votes distribués: 171 Inscription: 2007-09-11 Bloquer |
Merci à Vendeurdeballons,à tristanic, à Scorpion à Sérutar, et Tous les autres de remettre en pleine lumière, toutes les atrocités, le sordide travail fait par des hommes à d'autres hommes, pour l'extermination pure et simple et le plus rapidement possible. du plus grand nombre. Est-ce possible de pouvoir pardonner?. Mais il ne faut surtout pas oublier leurs souffrances, leurs conditions de vie qui dépassent l'indicible ! Il faut faire lire ces pages poignantes pour prendre conscience de notre inhumanité ! Comment est-ce possible !! Que plus jamais on ne revoit ça ! |
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Poeme publié 25 Mai 2008 à 16:47 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 25 Mai 2008 à 18:41 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() poetiquos Message privé Poète timide Poèmes publiés: 10 Commentaires: 550 Votes reçus: 113 Votes distribués: 167 Inscription: 2008-01-09 Bloquer |
extrait "Des cheminées de ma ville" " Un jour nous avons entendu un grand remue ménage. Les Allemands installaient au sous sol,de grandes tables et des bancs. Ils ont fait sortir des hommes des cellules,puis les ont rassemblés. C'était des condamnés à mort. Combien étaient-ils?Je ne m'en souviens pas? Je ne sais plus'ils étaient huit ou dix. Ils venaient d'être avertis qu'après le déjeuner, ils seraient fusillés. Là, j'ai appris sur place, que les condamnés avaient le droit de recevoir des colis de leurs familles;en particullier dans les centrales. Que ce soient Fresne, Cherche Midi ou la Santé. Ces prisonniers condamnés à la peine capitale,recevaient donc de la nourriture de leurs familles. Les gardiens, pas les SS, les soldats de la Wehrmart, avaient eu un peu d'humanité. Ils avaient rassembleé ces hommes une dernière fois,pour qu'ils puissent prendre leur dernier repas en commun. Chaque homme s'est mis à table! Ils se mirent à manger avec beaucoup d'appétit ce qu'ils avaient reçu de leurs familles. Ils blaguaient. Ils ont chanté, en particulier une trés belle chanson que je ne connaissais pas. C'était je crois, une chanson révolutionnaire. Je n'ai retenu que ces deux phrase: -Jamais en arrière, toujours en avant! Je peux vivre cent ans,je n'oublierai jamais cette journée du mois d'octobre 1942. Un peu plus tard,les SS sont venus les chercher. C'est à partir de cet instant que j'ai compris. J'ai vécu une nuit terrible à Charles III,mais je n'avais rien vu. Là, je voyais des hommes se préparer à la mort. Un de ceux-ci m'aperceva en levant la tête, m'a souris. Les Allemands lui avaient déjà mis les chaînes. Il avait les bras emprisonnés derrière le dos. Malgré tout, il me montra un petit morceau de chocolat et tout en faisant un effort sur-humain pour se le mettre à la bouche, m'a dit:"tu vois,petit gars. C'est le dernier morceau que je mange. Aucune importance. Mon seul regret c'est de quitter ma femme et mes enfants. Tu vois demain,si tu as la chance de t'en sortir,tu vivras des jours meilleurs". Mon père à été liberé quatre ans plus tard des camps de concentrations, il ne pesait plus que 32 kilos, il est décédé il y a six ans emportant avec lui sa souffance. Son père à été marthyrisé et fusillé par les "allemands" sur une civière à la Vierge à Epinal. NON mon AMI tu as raison,il ne faut pas OUBLIER POUR EUX! pour leurs HISTOIRES. Je comprends ton émotion et ton chagrin, moi il à fallu trente cinq ans pour que j'ose trouver les mots pour lui dédier un poème, "L'homme du fond du puit" que j'ai publier sur ce cite, et encore maintenant quand je dois répondre aux coms les larmes coulent! Mais que sont les larmes comparé à leurs vécu!!! Tu as ma plus profonde admiration!!! Un jour ton poème sera écrit et gravé dans le marbre n'en doute point Amicalement Poétiquos 2008 + vote PS "Les cheminées de ma ville" à été ecrit par mon père mais jamais édité, ceux ci trouvaient que sont histoire n'était pas assez sanguinaire. Sans essayer de comprendre que ces HOMMMES LA sont restés Humble jusqu'à leurs derniers souffles. |
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Poeme publié 25 Mai 2008 à 18:41 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 25 Mai 2008 à 21:24 | Re: Notre père Auschwitz |
![]() Racyne Message privé Poète actif Poèmes publiés: 56 Commentaires: 3489 Votes reçus: 344 Votes distribués: 134 Inscription: 2007-10-04 Bloquer |
Il faut que ce texte soit remonté plus souvent... Merci |
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Poeme publié 25 Mai 2008 à 21:24 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
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